Between Dogs and Wolves – Un album à fleur de peau

Artwork by Piers Faccini - Album design by Uncle O
Album design by Uncle O

Piers FACCINI      Nouvel album studio

sortie le 23 septembre 2013
 
 
 

Des chansons qui ne disent rien d’inconnu à nos cœurs bourlingueurs – vous pariez ?  Des émotions  de toujours que Piers met cependant ici – et avec quelle grâce – au plus-que-présent.

Au gré d’articles et d’interviews déjà parus, Piers Faccini a bien développé le concept de la dualité intérieure à chacun de nous, mais également de cette heure crépusculaire dont la tonalité et l’apaisement lui ont inspiré un titre pour son cinquième album de compositions originales.

Il va être question ici de Love and Want, d’amour et de désir. De pulsion et de tourment.  De passion. 10 chansons d’amour, 10 facettes de cette notion bien plus floue que le rassurant  Babe I love you des crâneurs-et-puis-s’en-vont.

I was the skin for your thorns
   j’étais la peau pour tes épines
The pale light for your bloom
   la pâle lueur pour ta floraison
Black Rose

artwork P.Faccini

artwork P.Faccini

« On entame l’album avec BLACK ROSE qui est la chanson la plus charnelle que j’ai jamais écrite ; des paroles très physiques, l’expression de la douleur, du sacrifice pourtant irrésistible. Je suis quelqu’un de très passionnel.  Comme tout le monde j’ai eu – et je souhaite à tout le monde de connaître – une histoire  où tu es complètement englouti, upside-down, chaviré.  Je voulais que cette chanson débute l’album parce que c’est le début du voyage : te perdre dans quelqu’un. Mais ça ne marche pas. C’est noble, touchant, absolument magique, mais ça n’aboutit jamais, parce que tu t’effaces, il y a un déséquilibre. Il faut le vivre d’ailleurs.  Comme s’il fallait d’abord se perdre pour se trouver.

Après, il y a beaucoup d’ambiances différentes, qui parlent de séparation, de quête, de miroir, de dialogue,…   Et l’album ferme avec LIKE WATER LIKE STONE, la chanson où tu réalises que si tu veux vivre BLACK ROSE, tu ne trouveras jamais la paix.  Donc c’est l’histoire de quelqu’un qui marche le long de l’eau, qui jette un caillou, et qui regarde les ondes produites à la surface.  Ce qui l’emmène de façon un peu hypnotique vers une réflexion sur ce qu’il est en train de vivre, sur lui-même.  Comme dans tous mes albums, les éléments ont une grande importance.  Ici l’eau, avec le titre RESTE LA MAREE – qui est aussi sur l’album.  L’eau de la marée, qui apporte et qui reprend, et qui laisse quelque chose aussi.  Et tout ça dans un mouvement à  l’infini.  Comme l’amour. »

WOLF-VECTOR

Qui vient de parler ?  Un peintre, assurément. Un passionné qui va au bout de sa quête, sans concessions.  A d’autres époques, des mots différents, mais la même fièvre : « Je choisis un endroit au hasard et je creuse. Je ne sais jamais ce que je vais trouver, mais, comme un chasseur, j’ai acquis une technique qui me permet de connaître mon territoire et les réactions du gibier.» (interview à  Libération – 2006) . Un peintre, à moins d’être portraitiste appointé, dans son élan créateur n’écoute que lui-même, poursuit ses chimères, souffre ses propres douleurs, expose sans souci de jugement les émotions qui affleurent.  Un peintre – qui d’autre pour plonger à mains nues exclusivement dans sa matière – et pas dans l’air du temps, avec des instruments et des arrangements down to the bone : réduits à ce qui est absolument essentiel à  la chanson.  Un peintre, sensible, ouvert, à l’écoute de son impulsion créatrice et, tous sens aiguisés par son sujet, qui construit son album dans un cheminement fluide et homogène, comme sa toile terminée, offerte au regard de loin,  et dont l’identité se renforce à mesure qu’on l’approche, par la moindre de ses touches.

artwork Piers Faccini

artwork Piers Faccini

Des petites touches, chacune essentielle à l’ensemble, et que Piers compare à  « ces belles conversations, en amitié ou en amour, dans lesquelles chaque mot est entendu, la moindre nuance de sentiment est exprimée et accueillie, où rien n’est perdu.(…) On est là exactement entre chien et loup, au cœur de l’ambigüité et du paradoxe de la poésie, qui ne peut pas se définir, qui échappe à la connaissance, qui peut juste être vécue dans le trouble. » (voir l’article du Daily Times).

Implacable et envoûtant BLACK ROSE, on y revient pas. Si, on y revient : Piers explique les choix artistiques de cette vidéo artisanale, réalisée à l’ancienne.

Parmi les titres déjà diffusés en vidéo, BROKEN MIRROR, découverte par quelques chanceux en live sur quelques récitals du début de l’été, n’est pas loin d’être notre préférée … du moment …

… et MISSING WORDS,  ici dans une version foraine.  Incroyable harmonie des accents africains et de la singularité d’une chanson  anglaise:

Une chanson en français (RESTE LA MAREE), une autre en italien (IL CAMINO) assument la triple culture : italo-britannique – de naissance, et française – de résidence, depuis près de 10 ans.  Gageons que la tentation esthétique n’y est pas pour rien non plus : la musicalité d’une langue étrangère est toujours séduisante et Piers démontre ici qu’on peut mieux faire que l’anglais-yaourt des sixties françaises !

Bouleversante GIRL IN THE CORNER, un texte plus explicitement corps à corps que BLACK ROSE, une adresse enveloppante à l’être aimé.  Elle est chantée comme une complainte, résonne comme un pas de côté sous les étoiles, dans le jardin attenant au bal où s’épuisent les passions.

FEATHER LIGHT, entre se consumer, tomber comme une pierre, ou s’en remettre comme une plume au vent.

WIDE SHUT EYES est une chanson hantée.  Mais pas lugubre:

When the poison leaves its violet trace
The bruise will lift like dawn’s embrace
Wide shut eyes
I blindly see

 PIECES OF OURSELVES, épure de la voix et du piano – bien présent dans cet album de doigtés.  Conscience de la perte, déjà sur le chemin de l’abandon … L’apaisement de la mélodie va pourtant suggérer à elle seule le chemin qui se poursuit.  Magique.

LIKE WATER LIKE STONE, puissant écho à la chanson EACH WAVE (album  TEARING SKY 2006), est peut-être la plus dense.  Elle clôt l’album tels des points de suspension à l’infini.  Esthétiquement, elle contient l’essence du blues, dont la mélancolie nous laisse cependant purifié, régénéré, reborn:

The journey’s hard and the path is long
I walk the way that keeps me strong

Un album sans batterie ni percussions et pourtant pétri de rythme.  Pour qui observe depuis longtemps le jeu de guitare de Piers, ceci n’est pas une surprise. Il est ici admirablement soutenu par la contre-basse du fidèle Jules BIKIOKO.  Les marteaux d’un vieux piano qu’on dirait de famille sont un peu des percussions.  L’instrument trouve sa place dans les arrangements de cordes, privilégiés sur cet opus. Dom la NENA relaie les prestigieux violoncelles de Vincent SEGAL ou de Claire MENGUY (Trio Zephyr); un instrument avec lequel Piers entretient décidément une belle et longue histoire.  Le précieux violon de Rodrigo D’ERASMO, haute-couture sur musique populaire, est à nouveau consacré.  De tout cela, l’ingénieur du son Patrick JAUNEAUD a tiré un élixir que les puristes apprécieront à sa juste valeur.  Mais son plus bel accomplissement est ici de rendre extraordinairement goûtue une assiette sans sauce ni sucres ajoutés, posée à même la table de bois.  Chapeau l’ingé!

WOLF-VECTOR

Depuis quand n’avons-nous pas eu l’expérience d’un concept-album, intègre et harmonieux ?  Un album qui ne se construit pas en fonction des attentes supposées du marché.  Un album qui ne décolle pas de son sujet et qui l’habille comme il l’entend.  Un album rendu possible par une option éditoriale radicale, puisque Piers Faccini vient de créer sa propre maison de disque – son label BEATING DRUM – et s’affranchir du même coup de cette dynamique du compromis avec un interlocuteur-financeur « qui ne te laisse pas prendre tous le risques artistiques dont tu aurais envie, et c’est sans doute compréhensible. » (voir à ce sujet notre article précédent et celui de notre collègue La Baguette Culturelle).

Voici donc l’album que nous attendions depuis TALK TO HER (album TEARING SKY en 2006), et l’éveil provoqué par cette chanson construite comme une seule phrase, dans laquelle on entendait des choses pas dites depuis si longtemps.

Comme le peintre devant sa toile achevée, Piers est parti d’emblée montrer son bébé à la famille, aux amis : il est déjà en tournée !  Une tournée acoustique, comme il se doit, calibrée à l’image de l’album, pour les clubs et les petites salles.  Des concerts-récitals du même tonneau, où les percussions sont de retour avec un xylophone hypersensible au bout des doigts  du compagnon de route Simone PRATTICO.  Et la promesse des apparitions de l’ange DOM la NENA au violoncelle, lorsque les tournées respectives le permettront.

Here I am

Dans ce processus 100% artiste, si peu « système », Piers est à la porte de la galerie, en ce 23 septembre – jour de parution de Between Dogs and Wolves, à croiser les doigts pour que ce vernissage se passe bien, pour que les gens trouvent jusque dans les nouvelles profondeurs de son travail des choses qui parlent d’eux, dont ils pourront parler ensemble.

WOLF-VECTOR

Acheter l’album sur le site web de l’artiste, ou à la sortie d’un prochain concert (assuré alors d’échanger quelques mots avec Piers), poster sur sa page Facebook, .. c’est le circuit court, le lien direct, c’est l’audience-power.

BETWEEN DOGS and WOLVES est disponible dès à présent en prévente sur l’espace boutique du site de Piers FACCINI.  Différentes combinaisons sont proposées avec le livre-cd SONGS I LOVE.

La tournée des concerts pour le nouvel album a débuté en Amérique du Nord cette semaine (album paru là-bas depuis le 10 septembre).  Piers sera de retour en France, en Belgique, et en Suisse dès le  28 septembre. Toutes les dates sur le site.

Piers FACCINI le peintre.  En voici un aperçu dans la rubrique ART de son site web.

Et là, juste pour se faire plaisir, un coup de rétro avec cette vidéo de 2008, Piers invité de l’émission ONE SHOT NOT sur ARTE.  Voyez un peu comme avec il fait sauter sur leur chaise les pointures Manu KATCHE (batterie) et Pino PALLADINO (bass).

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3 commentaires pour Between Dogs and Wolves – Un album à fleur de peau

  1. cazabon dit :

    Article magnifiquement inspiré, comme il sait si bien les écrire…BRAVO, et MERCI -:))))

  2. Ping : Histoires autour d’un concert de Piers Faccini à La Dynamo de Toulouse | La Maison Jaune

  3. Ping : BEATING DRUM RECORDS: un label et un nouveau site web | La Maison Jaune

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