Histoires autour d’un concert de Piers Faccini à La Dynamo de Toulouse

Fallait être un habitué des lieux pour ne pas s’affoler de tout un beau monde en mode bouchon sur la rue Amélie l’autre soir à Toulouse !  Dame : un dimanche à 18h45, c’est  pas les sorties de boîte, aucun calicot pour décorer une hypothétique manif’, mais des visages bien déterminés tout de même – la banane bien en place je veux dire !  En voilà un indice !

Le club La DYNAMO annonçait un concert de PIERS FACCINI à 19h – fallait comprendre : ouverture des portes !  On avait eu le temps de laisser planer un doute, pas longtemps en fait, vu qu’une fois ouverte la porte large comme un chas d’aiguille, l’œil accrochait tous les signaux d’une soirée rêvée.

Piers Faccini

Un peu avant, dans la rue, à regarder si on reconnaissait pas des gens des fois (on voit souvent les mêmes du côté de chez Piers ‘ FB-Official-Page hein ?!, je disais à mon graaaand fils qu’il devait y avoir là autant de fans gonflés à bloc que de gens qui découvrent – et alors qu’est-ce qui les a fait venir ?  A mon avis, au minimum un super bouche-à-oreille, parce que dans la salle, on ne voyait que des visages prêts pour une tranche de merveilleux (en plus c’est le nom d’un gâteau en Belgique !)

wolf-vector

Pour commencer, si vous vous pressez vers la scène, il y a les guitares qui attendent.  Trois.  On compte aussi la batterie, un xylophone et un genre balafon (allez, corrigez-moi !) Par terre, un grand tambourin et posés sur l’ampli de guitare, deux ou trois harmonicas.  Si on connaît un peu son album BETWEEN DOGS AND WOLVES qui vient de paraître, et son engagement sans concession à chercher l’épure dans les arrangements de toutes les chansons de ce nouvel opus, alors rien qu’à voir ce dispositif minimaliste on a la garantie que Piers et Simone (son fidèle batteur – percussionniste vous avez deviné)  vont encore s’élever sans filets ce soir, prendre tous les risques du live intime et ça, c’est justement ce qu’on souhaite aux personnes qui découvrent Piers en live pour la première fois.

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Et vous savez quoi ?  Ils sont juste à côté de moi !  Pendant que je rêvasse ce que je viens d’écrire, j’entends des voix dire tout haut ce que mes yeux décodent.  Elle et lui ont les yeux brillants.  Les yeux rivés sur la guitare folk, lui a reconnu une Martins bien-bien vintage.  Et c’est là-dessus qu’on démarre of course. « Sauf erreur, il l’a achetée dans le magasin de la maman de Ben Harper _ Ah oui, c’est vrai que ses parents sont dans ce business … ! _ Et elle doit dater de 1945 ou 1949 à ce qu’il m’a dit un jour.. _ Je me disais aussi !  La mienne… _  Quoi t’en as une aussi ?!  _ Oui, elle date de 1953, dénichée à Paris dans une arrière-boutique  etc… etc.  Et le plus beau : c’est leur premier LIVE, après un concert annulé à Gaveau / Paris ; un duo de Piers prévu avec Vincent Segal.  On a parlé comme des fiévreux – vous me croyez ?,  à s’échanger coups de cœur, souvenirs, impressions et impatience, jusqu’à ce que Piers passe une tête par la porte des loges, puis descende le colimaçon dans le crépuscule des lumières qui s’éteignent.  Le concert peut démarrer : je vous dis qu’on est blindés de bonnes ondes !

Lovers Piers Faccini

Et ce qu’il sait faire, Piers, mais alors très bien faire, c’est ramasser tout son beau monde dans la main avec une chanson d’intro qui vous attrape par les sens et vous place lentement dans l’apesanteur propice à la première partie de son set.  Ca n’a pas loupé : un glissé de cordes pour un I’ll wait by the water, inédit en album, rare de chez rare en concert.   Et quand ça c’est calé, il peut  tranquillement accrocher des transparents de ses dessins : un chemin, plus tard  un arbre, …  pour un visu direct et un projeté-flouté sur toile de jute en fonds de scène juste en parfaite harmonie avec tout le reste.  Là-dessus, Black Rose avec des ornementations de guitare sur les cadences qui se raffinent au fil des concerts je trouve.  Il camino – si : chanté en Italien – et là j’en vois déjà qui lévitent.

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Je ne vais pas refaire le concert.  Juste quelques flashes sur des petits bonheurs – chacun a les siens je parie ?! et qui font qu’on a envie d’y revenir, parce que ce n’est jamais pareil.  Broken Mirror – on l’aime celle-là ! – et Piers qui prend des risques vocaux, à grimper dans les aigües comme jamais, et à les tenir, même dans les derniers souffles de la chanson qui s’apaise.

Mangé pou’ le cœur, cover du grand Réunionnais Alain PEETERS (le blues est partout), entamée par Simone PRATTICO par une combine de sorcier je vous assure entre batterie et balafon, avec des décrochages de rythme de fou – et un jeu de baguettes (des faisceaux de petites baguettes, vous avez vu ?) entre puissance et retenue.  Vous avez causé avec lui après le show ?  Il vous a dit que c’était de l’impro?!! Et vous voulez un scoop ?  Simone vient de sortir son premier album, en trio avec unE contrebassiste et un pianiste.  Une prise unique en studio à New York.  L’album Brooklyn Sessions est en vente à la fin des concerts de cette tournée.  Sautez dessus.

 Re-belotte sur le mythique If I – ce morceau-là, on l’entend venir dans les premières notes des intros que Piers n’arrête pas de changer (pour essayer de nous perdre je parie !)   If I, de la bombe, qui a même fait danser mon graaaand fils, pourtant juste rentré d’une nuit d’électro-transe au Bikini.  Autre chose de très important, amis Toulousaingns : nous avons été intronisés « Meilleurs chœurs » de la tournée (ok : « so far ») sur Home Away from Home , A storm, et Tribe !  Félicitations !

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Il y a eu ma préférée : To see is to Believe (et je n’étais pas le seul à chanter).  Une autre préférée : Two grains of sand (quelle beauté ! quelle légèreté !)  L’espérée : Like water Like stone.  Et le choc de la soirée : Three times dont la deuxième partie (après la rupture dans le tempo) a fusionné avec  Uncover my eyes, incandescente comme la course d’une torche dans la nuit qu’elle va embraser.

 Deux heures intenses – Quatre rappels.  Fallait y être : on y était.  Vous y serez : la tournée n’est pas finie !

L’After !  Vous connaissez votre visage un peu groggy dans les lumières qui se rallument ?  Y’en avait plein !  Mine de rien, si vous étiez pas pressés, vous aviez le temps de reconnaître des regards apaisés, des cœurs gros comme ça, et des rêveurs encore perchés.  Mon couple « première fois » du début, of course, en causette avec Simone.  Des tout jeunes qui cherchent la photo posée avec Piers – trop craquants ! Cette autre rêveuse, quand je m’intéresse au petit poster découpé – les silhouettes de la pochette de l’album – et qu’il faut choisir la couleur : « La rouge dit-elle.  Parce que … la rouge !   Puis faut acheter un album ! _ Je les ai tous, même les vinyls ! _ Ha oui mais après il faut les offrir ! Avec une belle dédicace ! _ (… bec dans l’eau.. !) ».

Après, ça rigole aussi .  Vous aidez un couple en les prenant en photo avec Piers – historique et unique ! – et puis « Non mais vous m’avez complètement foiré MA photo avec Piers ?!! »  Pffff C’te blague… J’y ai cru assez longtemps-hein ?!  Aussi, provoquer des rencontres : « Piers, il y a un gars dans la salle qui a une vieille Martins.  Il veut te voir ! » A lui : « Piers veut absolument te voir à propos de ta Martins ».  J’ai un peu triché, Elio, mais ça l’a fait ou pas ?

Et si on continue vers la scène, où ça remballe à tout va, l’occasion de serrer la pince à Patrick Jauneaud l’ingé-son, magicien complice des albums de Piers et référence respectée dans le métier.  Patrick suit Piers dans la tournée – quel cadeau ! on imagine mal !  Il s’arrache les cheveux à sortir un son correct dans des salles à l’acoustique  ahem  difficile mais il est presque hilare : « T’as vu comme ça fait des super concerts ?!! »

artwork P.Faccini

artwork P.Faccini

Oui.  Pari réussi.  Créer son propre label BEATING DRUM, y sortir un album aussi épuré que BETWEEN DOGS AND WOLVES, et lancer une tournée transcontinentale (US, Canada, et Europe) sur une option scénique aussi sèche, il fallait y croire.  Voyez comme il est beau, le circuit court : les bons journalistes et critiques sont au rendez-vous. Et ce joyau de concert ARTE  Live Web,  capté à Fip – vous l’avez (re)vu ?  Nous l’attendions juste comme ça, pas vrai ?  Chacun en conversation personnelle avec lui et pourtant tous ensemble. « Good vibes » il dit.  Et ça fait tout le boulot.

* * * * *

La totale:

on parle du nouvel album:https://lamaisonjaune53.wordpress.com/2013/09/20/between-dogs-and-wolves-un-album-a-fleur-de-peau/

de la démarche autour de son nouveau label: https://lamaisonjaune53.wordpress.com/2013/09/14/piers-faccini-inaugure-son-label-beating-drum/

du très bel objet livre/cd de reprises (tirages numérotés): https://lamaisonjaune53.wordpress.com/2013/09/14/piers-faccini-inaugure-son-label-beating-drum/

et le fameux live Fip – Arte (encore 346 jours today): https://lamaisonjaune53.wordpress.com/2013/10/19/live-de-piers-faccini-a-fip-sur-arte-live-web/

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