Thierry Metz

comme on aperçoit tout-à-coup
durant une fraction de seconde à peine
la plaine
et tous les reliefs endormis
lorsque l’éclair déchire la nuit

tu comprends

avec soudain
cette certitude

qu’il était là depuis toujours
il était là sur le bord du chemin
il était là

une écriture de chair et de sang
de celles qui viennent frapper à ta porte
fermement
jusqu’à ce que tu lui ouvres

lorsque tu l’invites à entrer
elle s’en vient
dans toute la lumière
d’une aube d’été
bouleverser ta perception du monde
transformer tes paysages intérieurs
portant en elle
des effluves de terre et de plus-que-réalité

il ne te reste qu’à confier ta demeure
tout entière
à ses mains d’orfèvre
qui longtemps
très longtemps
apprivoisant le feu
à coup de poèmes forgés martelés
ciselant sa douleur
ont tenté de dire
ont tenté la vie
malgré tout

à bout de mots
l’homme a cessé de lutter
fuyant ce corps trop plein
du vide
laissé par son fils
il est parti le rejoindre

reste le poète
dont les mots sont ces brins tressés
jetés entre hier et demain
sur lesquels nous marchons
funambules
à sa suite

***

Invitation :

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/metz/metzthierry.html

***

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« Dans ce Nil ou ce Gange.

L’enfant attrape ma voix et joue plus loin, sans marquer de but. Il lui suffit de m’avoir soulevé. D’une seule main.

J’écris dans cette main qui se referme chaque soir, qui me garde pour que je veille. C’est souvent le rêve de l’étable et de la maman. Tout peut le contrarier, le parasiter. Qu’une feuille se détache et l’arbre s’absente pour guérir plus loin, parmi d’autres feuilles. C’est un rêve pour un grillon.

Nuit qui reçoit chaque oiseau comme un baiser sur la joue. Je n’ai plus le temps de m’endormir : une dame blanche a creusé son lit dans ma nuque. Entre elle et l’enfant, dans ce brasier de regards, je deviens bleu.

Instants noircis comme dans une vigne : je piétine mes mots, pieds nus, étant le seul récipient, sans fond.

Le jour est plus simple. C’est un peu plus d’herbe. C’est un vent qui me fait sortir- Et c’est moi que l’on voit, peint sur le pichet, une branche à la main, rouge comme ivresse.

Mais ce pourrait être autre chose, échappant à l’écriture, sortant du livre à la première occasion, se mêlant dans les rues à tout ce qui est dit puis jeté dans le caniveau. »

(Thierry Metz – Terre)

***

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« Je vis de ruisseaux et d’orties
avec de l’herbe
pour me lier à ta main
pour lui parler
d’un arbre
car je n’ai plus qu’à aimer
dans ce que j’ai à dire
emporté par nos voix. »

« le poème est amoureux
bercé par les vents
près de toi
qui bouleverse mon écriture
pas à pas
heureux de n’être
qu’un étourneau. »

(Thierry Metz – Tel que c’est écrit)

***

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(Thierry Metz – Tout ce pourquoi est de sel)

***

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« J’écris pour ne plus trop m’éloigner
De ce que j’ai à faire.
Avec l’autre, celui qui voit tout : le buveur.
J’écris avec ce qui me reste, entre le
pouce et l’index, dans un pincement
d’étoile. »

(Thierry Metz – L’homme qui penche)

***

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« Un homme viendra
prendra une pierre
dira une maison une
lampe
prendra une feuille
nous fera attendre jusqu’au
soir
avant de parler de l’arbre
d’y arriver

et toi : tu n’auras que ces
mots pour naître »

(Thierry Metz – Journal d’un manoeuvre)

***

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« Sortir de nos paroles, simplement, comme
des moineaux pour habiter la langue mère de
nos mains.
Jemme baigne où tu passes.
Tu es celle qui verse l’eau. »

(Thierry Metz – Lettres à la Bien-Aimée)

***

???????? ???????? (Thierry Metz – Sur un poème de Paul Celan – Ed. Jacques Brémond)

 

 

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A propos Lisa

"I was born to use my eyes - Dream with the sun and the skies -To float away in a lifelong song - In the mist where melody flies" - Nick Drake
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