Songs of Time Lost – La Bande-Son de leur Amitié

merci à J piers-DEF-800x800

Piers Faccini et Vincent Segal / Nø Førmat

 

Faccini_Segal_(c)Payram_04C’est juste que la musique est notre première maison, elle nous protège.
Avec cette présence,
il n’y a plus rien de ce qu’il y avait avant.

Vincent Segal

 

Il y a quelque 25 ans, ils marchaient facilement une heure dans Paris avant de trouver un coin de place pour chanter s’accompagnant d’une guitare et d’un violoncelle.  Piers Faccini  était alors surtout peintre, ébauchait sa trace en musique avec le groupe Charley Marlowe et en composant des instrumentaux pour la télévision anglaise. Premier prix de Conservatoire mais déjà visionnaire, Vincent Segal ne tenait pas en place et courait les collaborations inspirées en Amérique du Nord et du Sud, en Afrique et en Europe: Chuck Brown, Elvis Costello, Steve Nieve, Cesaria Evora, Papa Wemba, Nana Vasconcelos.  Les deux complices parlaient de peinture, se passaient des disques préférés, échangeaient leurs impressions, testaient avec l’autre une nouvelle chanson, un riff de violoncelle, électrique ou acoustique.  On les imagine fébriles, passionnés, curieux.

07 – A half of me

J’ai écrit ce titre pour une bande-son en 1996. Les morceaux devaient être tous instrumentaux, mais le réalisateur m’a demandé si je pouvais aussi composer quelques chansons pour le film. Il y avait un petit budget pour la musique et je me rappelle comment j’étais fier de pouvoir faire venir Vincent, payer son voyage et même un petit cachet.  C’était la première fois que notre collaboration était publiée.

 J’adore écrire de nouvelles chansons juste pour le plaisir de voir ce que Vincent va en faire, la première fois que nous les jouons ensemble; n’importe comment, il parvient toujours à trouver l’accompagnement parfait.  Par rapport au premier enregistrement réalisé en 1996, Vincent joue ici un peu différemment, en particulier sur les passages instrumentaux.  Mais pour l’essentiel, c’est le même arrangement de violoncelle qu’à l’époque.  Près de 20 ans plus tard, c’est bon de voir qu’on ne s’est pas trompés.

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02 – The closing of our eyes

 (…) J’ai initialement composé ce morceau pour le film « Children of the revolution » pour lequel j’ai aussi composé « A half of me ».  Vincent a pensé que ça pourrait également fonctionner avec des paroles, alors dans les semaines qui ont précédé l’enregistrement, je les ai écrites.  Par la suite, j’ai réalisé qu’écrire cette chanson nous avait pris 17 ans!

Arrivent les années 2000: chacun sur sa route, les amis prennent de l’assurance.  Vincent Segal multiplie les collaborations de haut vol (M, Dick Annegarn, Vanessa Paradis, Alain Bashung, ..), crée son groupe Bumcello avec Cyril Atef (1999),  et sort son premier album solo (T-Bone Guarnerius – 2000).  Piers prend résolument la voie de l’auteur-compositeur et sollicite naturellement son ami pour la production de son premier album Leave no Trace (2003).

Concevoir l’accompagnement comme une manière de prendre soin, se dédier, faire don de son potentiel comme on fait don de sa personne en amitié comme en amour, c’est une manière singulière de faire de la musique, de plus en plus rare : vouloir et poser la richesse dans la relation.  L’écoute et la confiance réciproques engagent, stimulent l’expérimentation ; le dialogue conforte dans la voie explorée qui conduit l’artiste à une nouvelle dimension de lui-même.

Piers Faccini est un vieux compagnon.  Il est ma voix.

Embarqué par la capacité de Piers à plonger au cœur de la chanson, à en extraire la trame nue, Vincent libère son violoncelle des conventions de l’accompagnement pour tisser avec la voix fascinante de Piers une conversation délicate.  Par ses doigtés, avec son archet, il lance son violoncelle sur des inventions  rythmiques et mélodiques qui fonderont l’originalité d’une « touche » Vincent Segal appréciée dans les univers de Sting (album If on a winter’s night ) et Ballake Sissoko (albums Chamber Music, At Peace), entre autres.

Vincent-Ségal

Mon violoncelle, c’est comme un Leica pour un photographe.  Avec lui, je peux non seulement fixer des sons, mais aussi des individus, des atmosphères, des périodes de ma vie.

Pour Piers, le regard de Vincent a légitimé la valeur du ressenti, de l’émotion brute, et du ton mezzovoce pour composer son identité d’artiste – quelque chose qu’il faut apprendre à écouter soi-même parce que personne ne vous l’apprend.  Piers peut alors aborder le songwriting avec la même rigueur qu’il applique à traduire ses émotions en peinture.  C’est une prise de conscience essentielle.

L’intimité et douceur sont la tonalité de notre amitié, on a toujours joué comme ça entre nous.  Je chante comme ça aujourd’hui dans la continuité.  La douceur est là parce que la chose est ancrée en profondeur.  Et puis si quelqu’un écoute vraiment, pourquoi parler fort ? (PF)

08 _ Mangé pou le cœur

(…)   Entre 1990 et 2003, je venais à Paris quelques fois par an et j’arrivais souvent à retrouver Vincent pour essayer de nouvelles chansons ou écouter quelques disques.  Je ne partais jamais du studio de Vincent dans le Marais sans des nouveaux trésors musicaux dans lesquels me plonger.

(…) Ca faisait des années que je cherchais à harmoniser dans ma musique et mon écriture les rythmes africains avec l’art du folksong européen.  Alors quand Vincent m’a joué la musique d’Alain Peeters pour la première fois, j’ai été littéralement ensorcelé dès la première note.  Avec ses chansons en créole, Alain Peeters a déverrouillé beaucoup de portes pour moi, et m’a donné la clé pour assimiler plusieurs influences dans mon écriture musicale. (…) Les compositions d’Alain Peeters sont aussi typiquement modernes dans le sens où la tradition et l’innovation fusionnent au bénéfice d’une forme d’écriture totalement personnelle.

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Pour Vincent Segal, le choix des titres pour Songs of Time Lost reflète fidèlement la nature et la diversité de ces années d’amitié,  à l’image de ce qu’ils écoutaient et de ce qu’ils jouaient : des reprises, des compositions originales, dans l’insouciance.

Chez nous il n’ y a pas de volonté de faire la révolution ou « tabula rasa », ni de faire de cet album un jalon dans l’idée de création à l’occidentale ; on n’est dans  le « temps perdu »,  pas dans la hiérarchie ; ça peut être la musique du souvenir ou pas – voyez la coutume au Mali de reprendre d’année en année les chants traditionnels et de les faire évoluer. (VS)

Songs of Time Lost c’est aussi la voix des anciens qui rentre et qui sort, comme celle de Skip James que je chante souvent ;  ce sont comme des fantômes qui reviennent : quand on les chante, la voix est là, ils sont là, le temps écoulé n’existe pas. (PF)

Perlées au gré de leurs récitals raffinés et sur cet album précieux, les chansons italiennes et napolitaines ne font pas que signer l’attachement de Piers Faccini aux accents d’une partie de sa famille; leur simple noblesse proche de l’eau claire procure à qui sait l’entendre le réconfort de l’élégance – la goûter met en joie.

01 _ Jesce Sole

Ce titre est une des premières chansons Napolitaines que j’ai apprises.  Pour autant que je m’en souvienne, il s’agit du plus ancien texte dans la tradition de la cité.  D’après l’Encyclopedia della canzione Napoletana d’Ettore de Mura, elle était chantée au lavoir par les femmes du quartier de Vomero, mais on le déclamait déjà  en rimes au 13e siècle.  Cette chanson est une sorte de complainte ésotérique ou une salutation médiévale au soleil.  Nous ouvrons souvent notre concert avec ce titre.  Au festival Jazz à Vienne en France (2010), nous l’avons joué à l’aube, alors que le soleil se levait sur l’amphithéâtre romain.

Songs of Time Lost offre l’écho tant attendu des récitals plutôt rares de ce duo de princes que vous ne manquerez pourtant pas d’apprécier en direct ; vous verrez comme la simplicité fait des merveilles. Voir les dates de la tournée en fin d’article.

L’abum en lui-même est très finement réalisé et met pleinement en valeur ce qu’on attendait aussi de ces orfèvres du grain : le timbre, le souffle, les cordes, les touchers de l’archet et des doigts, la résonance des lieux, et le bouquet de musique vivante qu’ils composent.  Ajoutez  la grâce de ses mélodies qui en disent long,  et vous trouverez vite en Songs of Time Lost un compagnon familier pour vos temps choisis.

Songs of Time Lost a été enregistré dans différents lieux des Cévennes françaises: une chapelle perdue au fond des bois, une cave à vin, une clairière, ou simplement dans une maison familiale.  Des lieux pleins de vie, d’aujourd’hui ou du « temps perdu », des lieux paisiblement chargés d’histoire(s) comme Piers Faccini les choisit depuis quelques années pour La Route de la Voix.
Une résonance toute indiquée à l’intention de cet album.

Les citations en italiques précédées d’un titre de chanson sont traduites des commentaires de Piers Faccini repris sur la pochette de l’album.  Les commentaires manquants seront progressivement traduits et ajoutés à la suite de cet article principal.

Les autres citations sont extraites d’entretiens ou d’émissions radio.

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Images sublimes d’une session en chapelle et clairière ici:

http://www.blogotheque.net/2014/09/26/piers-faccini-vincent-segal/

Pour se procurer l’album, on peut favoriser le circuit court qui contribue sensiblement à maintenir l’activité, l’indépendance, et le travail original du label Nø Førmat.  Voyez également leur offre de Pass.

www.piersfaccini.com pour tous ses albums en circuit court.

Vincent Segal pour son actualité.

La tournée:

30.09.14 – PARIS – Théâtre des Bouffes du Nord [w/ Vincent Segal] (FR)
10.11.14 – ALENCON – La Luciole [w/ Vincent Segal] (FR)
13.11.14 – CHOLET – Les Z’Eclectiques – Chapelle St Louis [w/ Vincent Segal] (FR)
14.11.14 – BAYONNE – Scène Nationale [w/ Vincent Segal] (FR)
15.11.14 – ROCHEFORT – Théâtre [w/ Vincent Segal] (FR)
16.11.14 – LONDON – Royal Festival Hall [w/ Vincent Segal] (UK)
18.11.14 – MERS LES BAINS – Picardie Mouv – Cinema [w/] Vincent Segal] (FR)
20.11.14 – ARRAS – Théâtre [w/ Vincent Segal] (FR)
21.11.14 – NANTES – Église Saint André de Rezé [w/ Vincent Segal] (FR)
22.11.14 – QUESTEMBERT – L’Asphodèle [w/ Vincent Segal] (FR)
23.11.14 – MORLAIX – Espace du Roudour (with Vincent Segal) (FR)
25.11.14 – VEVEY – Théâtre [w/ Vincent Segal] (SZ)
27.11.14 – VALENCE – Théâtre [w/ Vincent Segal] (FR)
28.11.14 – LYON – Temple [w/ Vincent Segal] (FR)
29.11.14 – ANNONAY – Chapelle Sainte Marie [w/ Vincent Segal] (FR)
02.12.14 – ANTIBES – Anthéa [w/ Vincent Segal] (FR)
17.04.15 – CHATEAUVALLON – CNCDC [w/ Vincent Segal] (FR)
19.05.15 – LOIRON – Théâtre des 3 Chênes [w/ Vincent Segal] (FR)

 

En français: d’autres textes tirés du livret de l’album

03 – Camina camina

Mon mariage au sein d’une famille Napolitaine m’a fait plonger la tête la première dans les eaux riches et sombres de la culture de cette cité.  Entre deux leçons de Napolitain, j’écoutais autant de musique locale que je pouvais.  Même si je préférais le répertoire traditionnel et populaire, je suivais toutes les suggestions de mes amis.  C’est comme ça que mon beau-frère, l’auteur-compositeur Claudio Domestico, m’a fait découvrir le grand Pino Daniele.  La chanson ‘Camina camina’ date de son premier album ‘Terra mia’ – un chef d’oeuvre!  Elle parle d’un vieil homme qui marche en solitaire le long du port, au clair de lune.  C’est d’une beauté triste et nostalgique, un mélange idéal de parfums doux et amers – comme beaucoup de classiques Napolitains.

04 – Cradle to the Grave

En attendant de monter sur scène pour un concert il y a quelques mois (printemps 2014), Vincent m’a joué dans les loges un riff d’inspiration New Orleans qu’il venait de trouver.  On a pensé que ça pouvait faire une bonne chanson, alors je suis arrivé avec des paroles juste avant l’enregistrement de cet album.  Cette mélodie m’a inspiré pour écrire quelque chose basé sur la tradition du carnaval et l’idée d’une danse universelle qui s’empare de nous du berceau jusqu’à la tombe. Les rituels de carnaval existent depuis des siècles; cela me fait penser à certaines  peintures que j’aime et qu’on trouve dans des églises médiévales: elles dépeignent des hommes de toutes conditions et de différents métiers qui dansent tout le long de leur chemin vers la tombe.  Le style syncopé New Orleans est plutôt éloigné du Moyen Age européen mais ce thème universel les relie.

Comme plusieurs chansons de cet album, nous jouons celle-ci sans guitare, laissant les mots chantés coller au plus près du thème pincé sur les cordes du violoncelle de Vincent. (PF)

05 – Quicksilver daydreams of Maria

Les grands amis ont souvent les mêmes goûts en matière de musique et c’est certainement notre cas.  Je ne pense pas qu’on ait jamais parlé de Townes van Zandt. Pourtant, en parlant d’ajouter l’une ou l’autre reprise à un spectacle que nous préparions il y a quelques années, nous nous sommes découvert un amour partagé pour sa manière de composer.  Quand je chante cette chanson, j’ai l’image de Townes, poète saoul et  aristocrate cow-boy, chevauchant au soleil couchant dans le désert, au son d’une valse du Sud. (PF)

06 – Vilanella di Cenerentola

Il m’a fallu un solide coaching de la part de ma femme pour seulement imaginer chanter cette chanson et je l’ai répétée intensément avant qu’on l’enregistre. Le texte original, écrit par le poète Napolitain Giambattista Basile, date de la fin du 16e siècle. Il a été mis en musique plus tard. (PF)

09 – Cicerenella

Quand je joue de la guitare, j’utilise beaucoup d’accords ouverts – un des mes préférés est Ré-La-Ré-Sol-La-Ré. Davey Graham s’en servait dans les années ’60 et plus tard des gens comme Bert Jansch et Jimmy Page. Un jour où je m’amusais dans cet accordage, j’ai réalisé qu’il fonctionnait très bien avec le traditionnel Napolitain Cicerenella.  C’est une association improbable, mais en la jouant sur ma vieille National des années ’30, le son caractéristique de la guitare autant que l’accordage Ré-La-Ré-Sol-La-Ré nous aident à nous approprier cette chanson.  Au fil du temps, Vincent et moi avons ajouté quelques chansons napolitaines à notre répertoire; celle-ci est une de nos favorites.  On l’a enregistrée dans les différents lieux choisis pour la réalisation de cet album mais nous avons préféré cette version, enregistrée dans le beau prieuré Roman de Cézas, en Cévennes.

10 – Wenn Ich mir was wünschen dürfte

Marlène Dietrich et Friedrich Holländer ont enregistré cette chanson en 1930, allant jusqu’à payer eux-mêmes la location du studio.  Elle a été composée par Höllander peu avant de quitter l’Allemagne. « Si je pouvais faire un voeu, je ferais le voeu d’être heureux(se) mais juste un peu, car trop de bonheur me rappellerait ma mauvaise fortune. »

11 – Everyday away from you

Bien qu’on se connaisse depuis 25 ans, Vincent et moi n’avions jusqu’à aujourd’hui jamais composé ensemble.  La musique écrite par Vincent m’a inspiré des paroles que j’aurais pu écrire sur vieux standard jazz.  Il y a du romantisme affecté dans cette mélodie à l’ancienne qui me fait penser à Luiz Bonfa, dont nous apprécions tous les deux la musique.

12 – Dicitencello vuje

J’ai passé quelques mois à Rome en 2001. Avec l’aide de mes amis Romains, j’en ai appris davantage sur la musique italienne. Je connaissais bien quelques chansons de Fabrizio de André, Lucio Dalla, Francesco de Gregori et d’autres encore, souvenirs des voyages en Italie avec ma famille dans les années ’70. A rester sur place tout ce temps, j’ai réalisé que j’avais traité cette musique avec moins de révérence que le folk anglais ou le blues du Mississippi. Moi-même descendant d’immigrants Italiens, j’ai vécu la découverte des disques de Roberto Murolo comme une sorte de retour en musique à la maison. 

On reconnaît la beauté d’une chanson quand il ne lui faut rien de plus qu’une guitare et une voix. A coup sûr, les interprétations des classiques Napolitains par Roberto Murolo en font partie. Si j’avais a désigner la plus belle voix masculine jamais enregistrée, je devrais tirer à pile ou face entre Murolo et Sam Cooke. Il y a tellement de chansons formidables dans le répertoire Napolitain.  Celle-ci est un classique et c’est une joie de la chanter. Vous ne trouverez pas chanson plus romantique dans le style Napolitain que ‘Dicitencello vuje’.  Je l’ai chantée à ma femme quand on s’est rencontrés pour la première fois. Et je pense à elle chaque fois que je la chante. (PF)

13 – Make me a pallet on your floor

J’ai appris cette chanson avec un vieux disque de Mississippi John Hurt récupéré d’occasion au marché de Portobello.  J’avais 20 ans. A l’époque, le country blues était à eu près tout ce que j’écoutais, et à en juger par l’état du disque, j’ai dû le jouer un nombre incalculable de fois. Hurt, à la différence de beaucoup d’autres bluesmen country, utilisait un accordage de guitare standard, ce qui rendait les chansons plus faciles à apprendre, sauf à parler de son extraordinaire technique de ‘finger picking’. Ce titre est un de nos préférés depuis longtemps ; il a cette allure joyeuse et enlevée de ragtime qui vient de la ligne de basse crochetée dans les cordes. Entre ma guitare et le violoncelle de Vincent, je pense que nous avons trouvé notre façon à nous d’apprécier cette merveilleuse chanson.

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