Horsedreamer : Confidences en cavale

Roger Robinson © P.Faccini

Roger Robinson
© P.Faccini

Roger Robinson, il raconte bien.  C’est même sa spécialité: storyteller.  Depuis la parution de notre billet consacré à la présentation de son duo avec Piers Faccini (Horsedreamer: un duo de Princes vagabonds), il a posté deux textes en anglais pour expliquer le choix du nom Horsedreamer pour le projet, et le processus d’écriture des paroles de la chanson Mexico.

En voici la traduction française.

Comment Horsdreamer a trouvé son nom.

« J’ai toujours été fan de l’auteur dramatique Sam Sheppard et de son utilisation des figures du Western pour sublimer l’idée de la solitude et du désespoir.  Dans une de ses pièces, Geography of a Horsedreamer, j’ai été particulièrement marqué par le personnage d’un cowboy capable de voir en rêves la victoire d’un cheval de course.  C’était très stimulant cette idée de quelqu’un qui puisse se connecter spirituellement ou par une sorte de magie à un animal.  J’aimais bien l’idée que les gens expérimentent un peu la même relation avec les chansons qu’on a écrites, Piers et moi; donc le nom de Horsedreamer a semblé approprié à plus d’un titre.  Dès qu’on est tombés d’accord, ce nom nous a donné plein d’idées pour les chansons, et aussi pour le visuel à créer autour du thème.  Il y a ce dicton en Chine qui recommande de donner très vite un nom au bébé, sinon il va s’en aller et vous ne pourrez jamais le rattraper.

C’est la même chose avec le nom Horsedreamer : il a donné corps au projet, lui a insufflé un esprit, et l’a empêché de s’effacer. »

 

© P.David

© P.David

Histoire des paroles de la chanson Mexico.

« L’écriture des paroles pour Mexico est arrivée en réaction à la récession qu’on a connue ces 8 dernières années.  J’ai joué avec l’idée de laisser tout derrière soi et de foncer vers un endroit paradisiaque pour se ressourcer…  Mais la chanson avait besoin de plus que ça.  Je me suis dit alors que le gars pouvait être conduit à cet endroit par une femme, manière d’ajouter un peu d’ingrédients dramatiques (qui est-elle ? qu’est-ce qu’ils vont faire ensemble ?)  En continuant, j’ai commencé à réfléchir à ce qui pourrait se mettre en travers de leur route, quels obstacles ils auraient à franchir, et comme traverser le Rio Grande pour rejoindre l’Amérique…  Puis j’ai réalisé que l’Amérique est loin de représenter un paradis, alors pourquoi ne pas retraverser le Rio Grande pour aller à Mexico ?  C’est comme ça que j’ai associé Mexico au concept de paradis.  Mais la chanson avait besoin de raconter quelque chose en plus.  Alors j’ai pensé à cette histoire en arrière-plan du voyage, ce qui m’a ramené au stéréotype Western de la fuite en avant, avec  les paroles qui laissent deviner progressivement qu’en réalité ça mène quelque part, vers une nouvelle vie, une nouvelle identité.  Le truc c’était de dévoiler ça petit à petit, pour que la perspective change constamment.

Enfin l’idée de répéter le nom Mexico dans une phrase accentuait le côté mythique dans l’histoire, une façon de clôturer l’étape d’écriture.  A part quelques ajustements sur la musique de Piers, le fil narratif n’a pas beaucoup changé. »

 

Comment j’ai écrit les paroles de Bolder

© P.David

© P.David

« J’ai coutume de dire qu’une bonne chanson c’est la combinaison idéale de tout ce que vous avez vu, de tout ce que vous savez, et de tout ce que vous avez entendu.  La création de la chanson Bolder en est le parfait exemple. 

Je suis branché à fond sur les compositions de Piers Faccini, et ça depuis des années, grâce en particulier à une chanson qui m’a rendu complètement fan et qui s’appelle «Come My Demons».  Dans cette chanson, le personnage s’adresse au monde spirituel des démons comme s’ils existaient pour de vrai sur terre.  Cette figure d’affrontement voit la puissance de son personnage grandir tandis que les forces des démons s’amenuisent.  J’ai eu envie que Bolder possède ce même accès au monde spirituel, et même d’une façon quasiment pragmatique.  Je voulais aussi que la force ou  l’audace des démons puisse se comparer au pouvoir ou à la volonté de quelqu’un de faire le mal.  Le concept m’a semblé assez fort.  Alors j’ai commencé à écrire l’histoire. L’idée du personnage de Jésus tenté par le diable dans le désert m’a semblé un bon point de départ.  Mais c’était un peu facile de mettre Jésus en scène dans une histoire de démon ; il me fallait quelque chose de plus contemporain.  Je me suis souvenu que j’ai toujours adoré cette série TV de la fin des années ’80 : Quantum Leap (Code Quantum, en France ndt), dans lequel un homme voyage dans le temps et atterrit au beau milieu d’une situation historique à problèmes qu’il doit débloquer.  Je me suis dit que cette chanson pourrait faire ça.  Chaque couplet pourrait nous débarquer quelque part où une personne normale pourrait se trouver en train de commettre une atrocité et soudain se rendre compte que ses gestes sont en réalité gouvernés par le diable.
Et puis la fluidité des rimes qui me sont venues pour le refrain  (…Bolder, …Shoulder, …Colder) m’a donné le sentiment que je pouvais être fier de cette chanson, pour un bon moment.  J’y vois en fait le reflet assez juste de mes petites crises spirituelles à moi. »

(Bolder est paru sur la compilation The Many Are One, du label Beating Drum)

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http://shop.beatingdrumrecords.com/
http://horsedreamermusic.com
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