YELLI YELLI, sa terre aux quatre vents des nomades

Après les frémissements quasi-organiques des soirées Beating Drum au printemps dernier, les quatre belles chansons du projet Yelli Yelli ont charmé tout l’été  nos oreilles aujourd’hui encore plus curieuses de cet EP dont Radio-France n’arrête pas de nous parler.

Un projet à maturité, dont Emi Hanak parle avec cœur.  Un projet-racine, ce n’est pas rien dans le parcours d’une artiste « née quelque part » d’une mère Kabyle et d’un père aux origines tchèques et chtis.  Son métissage, on dirait qu’il lui faut le fouiller, le frotter à des mondes encore plus « étrangers » pour appréhender et un jour assumer le sien propre.  Emi va séjourner 7 ans en Suède et d’autres longues années au Japon.

La Maison Jaune a eu l’occasion de faire un brin de causette avec Emi, pour tracer la genèse de cet album-manifeste, délicatement réalisé par Piers Faccini et son label Beating Drum.

« Au fil de ces années, j’ai profité de ces expériences très variées pour écrire des chansons. Chaque nouvelle aventure donnait prétexte à une nouvelle composition. Un carnet de voyage sonore en somme. J’ai traîné ce truc bizarre longtemps, un sentiment de non-appartenance, où que j’aille.  J’ai dû écouter « A home away from home » (chanson de Piers Faccini) des milliers de fois!  Cette recherche d’un sentiment d’appartenance a investi je crois les chansons de« Milkymee » (son projet précédent).

« Aujourd’hui,  avec ce nouveau projet, je suis un peu plus « calme » et installée dans ma vie. Ma recherche s’oriente désormais sur le souvenir des origines. Dans ma famille, comme il y a eu beaucoup de transits, je n’ai que peu d’informations ou de photographies. Et par tradition la Kabylie est porteuse d’une culture de l’oralité où les histoires voyagent, se répètent, se transforment. L’inutilité de courir après une stricte vérité perdue depuis longtemps se fait vite ressentir ! Restent des souvenirs, ceux de mon arrière-grand-mère par exemple : elle incarne une image d’Epinal des relations intergénérationnelles.  Ces images sont en voie de disparition en Europe, mais elles résistent beaucoup mieux ailleurs. Souvenir ému et tendre. Elle contait des histoires, et à la fin de chacune d’entre elles il y avait une phrase sensée éloigner les chacals « Que Dieu anéantisse les chacals ! » ( le chacal est l’animal expiatoire des Berbères depuis des temps immémoriaux). Ce genre de choses…
En y repensant, oui, j’ai vraiment composé ces chansons comme des collages. »

Emi Yelli

Emi Yelli

« A la base, j’avais propose à Piers Faccini un projet de reprises, mais petit à petit il m’a motivée pour créer des compositions originales. Disons qu’il est arrivé à un moment-clé et il a vraiment agi comme un révélateur. C’est finalement cette idée qui a pris le dessus et à partir de là Piers s’est beaucoup impliqué. On a enregistré les titres dans son studio des Cévennes, sur une colline au milieu de nulle part. Il y avait sa femme et ses enfants, avec qui on pouvait se détendre pendant les pauses, c’était très doux et beau ! »

« Je trouve depuis longtemps qu’il y a dans la musique de Piers quelque chose d’assez troublé, comme une inquiétude face au monde. Sa musique prend même parfois selon moi des airs sacrés. Ce qui m’a marquée en travaillant avec lui sur ce projet, c’est son rapport très direct avec la création et avec le monde, on est loin de la conceptualisation. Il est dans son studio comme un enfant sur un terrain avec ses jeux préférés. Les choses se sont faites comme ça, légèrement, dans la spontanéité ! »

Yelli Yelli sur la compilation "The Many Are One" (label Beating Drum)

Yelli Yelli sur la compilation « The Many Are One » (label Beating Drum)

 

A propos de Jenny Lysander, autre jeune artiste magique – et Suédoise! – du label Beating Drum, Emi a cette anecdote touchante:  « J’avais une amie, une vieille dame suédoise, Inger, qui rêvait d’un champ de lavande dans son jardin. Elle parlait de sa « mer » de lavande, « Ett hav av lavendel ». Mais la plante ne prenait jamais ! J’ai été très émue, tu t’en doutes, par l’histoire de Jenny autour de sa chanson « Lavender Philosophy ». »

* * * * * *

l’EP Yelli Yelli en vente sur la boutique du label Beating Drum (préférez le circuit court)

Deux très belles versions alternatives dans l’émission Backstage / France Culture (Sept.21, 2015) – à 29’40 et 46’55

Yelli Yelli en concert prochainement:

yelliyelli.com

https://www.facebook.com/yelliyellimusic

 

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