Un peu, beaucoup, alla follia : Pulcinella invite Maria Mazzotta

Préfiguration d’un concert annulé (risque d’intempérie)

Dans un été déjà bien monté en température (merci la Coupe et le bal des pompiers), le festival TOULOUSE D’ETE ne craint pas de chauffer à blanc une ardeur festive garantie cette fois sans compétition : musique et danses endiablées pour tous sous les lumières du bal.
Pour une édition al dente de son show LE GRAND DEBALLAGE , Pulcinella  invite une chanteuse – et quelle chanteuse:  MARIA MAZZOTTA, une des personnalités les plus emblématiques des Pouilles au sud de l’Italie.  Pour cette exclusivité TOULOUSE D’ETE , le quartet toulousain « qui se prend pour un orchestre » a réalisé des arrangements inédits autour des chansons de l’immense folklore méditerranéen porté par Maria Mazzotta.

Maria Mazzotta & Pulcinella
© Photo – Lionel Pesqué

Plantons le décor.  Puis écoutons la Signora et Ferdinand Doumerc (Pulcinella) raconter leur version de l’histoire.

Le Grand Déballage de Pulcinella est de ces spectacles qui ne laissent personne indifférent, car si la qualité et l’invention musicales sont au rendez-vous, c’est avant tout un bal qui file la bougeotte, toutes générations confondues.  Certes, Pulcinella peut faire dans l’intime, dorlotter à la langoureuse, mais ces malicieux ambianceurs sont aussi capables de lâcher tous leurs chevaux, passant du cercle circassien au funk, de l’afrobeat au merengue ou au paso doble.  Sans oublier la tarentelle car la sensibilité italienne de Pulcinella n’est pas une nouveauté.

Mais plus récemment, Florian Demonsant, l’accordéoniste du quartet, a réalisé un vieux rêve en intégrant son personnage dégingandé et une prestation musicale aussi attachante que déjantée dans l’inoubliable spectacle STRAMPALATI de la Compagnie Circ’Hulon – joué il y a quelques semaines à peine à Saint-Cyprien (Toulouse). Voilà qui rapproche…

Maria Mazzotta est une authentique voix d’or,  pétillante et véhémente, parfois sauvage ou déchirante, mais toujours passionnée.  Lorsqu’elle était la voix du célèbre ensemble Canzoniere Grecanico Salentino, dans les duos qu’elle promène aujourd’hui en Europe avec le violoncelliste Redi Hasa ou l’accordéoniste Bruno Galleone, entre autres, son fil rouge est indéniablement celui d’une musique populaire méditerranéenne incroyablement vivante, bien loin de l’image d’Epinal des musiques « folkloriques ».

Dans nos régions du sud, des pays rudes, souvent pauvres, la musique populaire et les chants, les danses traditionnelles ont une fonction sociale : celle de rassembler et de raconter mais aussi de se libérer, de lâcher l’énergie ensemble.  Cette musique populaire est présente dans toutes les circonstances de la vie, où on voit par exemple les bandas (fanfares) accompagner toutes sortes d’événements ; cette musique est vivante parce qu’on en a besoin.

Dans ces communautés villageoises ou lors de rassemblements plus importants, il faut voir avec quelle ferveur le public porte ses chanteuses, ses chanteurs, et ses musiciens, comme Maria Mazzotta ou le regretté Uccio Aloisi, et comment ceux-ci sont capables d’enflammer toute la place.

Ecoutez, ici, d’où ça peut partir : 

Imaginez alors la fièvre qui va se répandre dans le jardin Raymond VI sous la piqure des Tarentelles et autres Pizzicas poussées sans répit par Maria et Pulcinella …
Combien résisteront au vertige ?  Pour qui la tentation de la transe ?

Ferdinand Doumerc rappelle comment le choix du nom de Pulcinella s’est imposé au quartet.  Personnage de la Comedia dell’arte et haute figure folklorique italienne, Pulcinella s’est transporté et transformé dans de nombreux autres folklores : notre Polichinelle bien sûr, Hanswurst en Allemagne, Punch chez les Anglais.  A l’image de ce valet malicieux, vif et impertinent, la musique de l’ensemble toulousain a développé dans son projet Le Grand Déballage une esthétique aventureuse qui s’amuse à piéger les genres convenus en multipliant les décalages rythmiques et autres détournements « spectaculaires ».

A l’idée d’installer la voix de Maria au milieu de notre Grand Déballage et d’en faire un Bal ‘dente, il était clair pour nous qu’il fallait revoir ou épurer les arrangements complexes  tricotés de tous nos instruments pour faire place à la voix.  On a voulu un écrin pour cette voix puissante et chaudement colorée, proche des sonorités cuivrées des saxophones, pour qu’elle trouve dans nos propositions de quoi allumer cette énergie, cette follia libératrice qui semble nous réunir.

Heureusement, cette idée n’est pas restée longtemps que sur papier :

On a très peu répété ; Maria comme nous, on joue beaucoup – et Maria est souvent à l’étranger avec ses différents projets.  Alors on a décidé de travailler surtout des chansons du répertoire de Maria (et une surprise!) En deux courtes séances l’interface s’est mise en place, nos cinq personnalités musicales se sont accordées à l’instinct.  C’est quelque chose de très important chez Pulcinella : on travaille ensemble, on valide par le plaisir, et il faut que ça se sente, tant au niveau de l’entente entre musiciens que dans le choix des morceaux qu’on va jouer – ou pas.  Et ce truc qu’on cultive avec Pulcinella depuis près de quinze ans, on l’a trouvé instantanément avec Maria !

Maria Mazzotta

Bien sûr j’ai été séduite par les atmosphères et l’originalité des musiques de Pulcinella, mais aussi par la follia qui peut monter et exploser dans certaines de leurs compositions, c’est ça qui m’a décidé d’y aller, de tenter.  Ma première collaboration avec Redi Hasa – un autre porteur de follia,  il y a longtemps, c’était dans un groupe de jazz, et même si Pulcinella c’est pas  l’archétype du groupe de jazz, l’idée de me frotter à nouveau à cette créativité très libre a aussi pesé dans la balance.

Maria Mazzotta

Et je dois dire que dès les premières répétitions, toutes ces hypothèses se sont confirmées : c’est la première fois que je partage à ce point la puissance libératrice de la pizzica avec des musiciens qui ne sont pas de cette culture !

Venez écouter cette femme, voir comme elle embrase, et les danses de ce fou de Pulcinella.

Maria Mazzotta : chant, percussions

Florian Demonsant : accordéon, orgue Elka, chant
Ferdinand Doumerc : saxophones, flûtes, métallophone, chant
Pierre Pollet : batterie, chant
Jean-Marc Serpin : contrebasse, chant

pulcinellamusic.com

page Facebook du projet de Maria Mazzotta et Redi Hasa

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