HORSEDREAMER : Folk légère aux paroles tranchantes: Hear My Voice!

Après GNUT et TUi Mamaki parus en mai, HORSEDREAMER est le 3e opus dans la collection Hear My Voice qui se pose en éclaireur des nouvelles voix folk du 21e siècle au sein du label Beating Drum.
C’est aussi le deuxième EP pour ce duo, l’occasion d’emprunter à notre ancienne chronique de quoi faire le pitch sur la genèse et la singularité de cette collaboration stylée entre le poète-performer Roger Robinson et Piers Faccini.

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Lignes mélodiques et arrangements installent un univers doucement bucolique et une allure de cavale qui s’accorde à merveille à l’esthétique visuelle « grands espaces » déclinée dans les différents clips vidéo réalisés par Piers Faccini sur les deux EP du groupe.
Mais cette suggestion de folk légère est tissée de paroles plutôt tranchantes, dans la ligne très actuelle de l’écriture résolument engagée de Roger Robinson.

Les quatre chansons de ce nouvel EP défendent la figure de l’anti-héros et tracent des parallèles avec la survie radicale suscitée par la donne économique et politique actuelle.  Cette réalité infuse dans leurs chansons, avec la mélancolie de celui qui se sent pour toujours l’étranger, mais aussi la révolte et l’instinct de survie des populations déplacées.  Horsedreamer est le chant du nomadisme ancestral de ses deux auteurs, l’écho qui descend des sommets jusqu’au fond des vallées.  Des déserts les plus rudes aux prairies verdoyantes, doucement dans le murmure du vent chante Horsedreamer.

Roger est un formidable story-teller.  Pour lui une histoire racontée est d’abord un cadeau, une sincérité primordiale qui fait l’élan, l’accroche, et le courant qui passe.  Les arrangements minimalistes dans un style folk épuré vont ensuite transporter sans l’affaiblir l’émotion originelle vers l’audience, le public.

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© P.David

L’EP va chercher ses influences du côté des Narcocoridos (voir wki plus bas) et du folklore western. Un nouveau sous-genre est né,  baptisé « gangsta folk ».  Douces polkas pour poésie acérée…

Sweetmeat est la dernière complainte de la victime du prédateur aux sentiments.
Feast on the sweetmeat of my feelings / Don’t you choke on my broken heart

A Thousand Stallions, chant d’espoir éperdu de celui qui a laissé son foyer pour les mirages d’un nouveau monde.

Trigger est une histoire de cavale joliment illustrée par la vidéo de Piers Faccini.

Billy The Kid – vous avez dit “western”?
Quand Billy était un enfant / Il pliait le monde entier à ses quatre volontés / S’assurant que chacun souffrirait autant que lui

Compositions, arrangements, interprétation instrumentale, réalisations vidéo : Piers Faccini est donc au four et au moulin sur ces chansons.  Certes,  mais la voix du frontman est souvent ce qui signe l’identité d’un groupe musical, ce qui déclenche l’adhésion.  Roger Robinson est alors particulièrement  fondé à prendre le relais et porter haut cette collection siglée comme une incantation : « Hear My Voice ! »

Comme pour les autres EP de la collection, les pistes sont mixées en finesse par Francesco De Nigris (NGR Studio Recordings) et la mastérisation (dont une version optimisée vinyle) est assurée par François Fanelli (Sonic Mastering).  Le design d’Oliver Carrier aka Uncle’O, right-to-the-point, est juste parfait et faut être doué pour ça !

Hear My Voice réunit le travail soigné de plusieurs artisans : son esthétique repose sur la qualité des artistes – sans quoi le concept ne serait qu’une enveloppe !,  et le support vinyle concrétise l’objet collector et justifie cette offre alternative au tout-puissant streaming dématérialisé.

Au-delà de l’opération de communication, une collection a des chances de perdurer et de trouver son public si elle dégage une singularité qui parle à son époque.  C’est également un travail créatif porté par le directeur de collection par exemple chez un éditeur en littérature.  Piers Faccini se pose ici en curator, terme plus académique que l’on traduit parfois par leader d’opinion mais qui se résume au phénomène assez courant de la découverte (de lectures, de musiques, d’expositions, ..) au gré des recommandations ou des suggestions exprimées par des personnes dont on pense partager la sensibilité.

Le temps dira ce qu’il adviendra de Hear My Voice.  Mais quel beaux débuts !!!

Les vinyles de la collection sont disponibles auprès du label: ici
ou sur les plateformes:
GNUT: http://smarturl.it/HearMyVoice1
TUi Mamaki: http://smarturl.it/HearMyVoice2
Horsedreamer: http://smarturl.it/HearMyVoice3

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On pourra en juger en live à l’occasion du concert organisé cette semaine par le label pour présenter ses nouveaux artistes : un plateau exceptionnel qui réunira la Néo-zélandaise TUi Mamaki, le Napolitain Claudio Domestico aka GNUT, et le Trinidadien de Grande-Bretagne : Roger Robinson (HORSEDREAMER).

La soirée présentera également YelliYelli, une chanteuse précédemment éditée sur le label.
Manquera à l’appel la fabuleuse Jenny Lysander, dont l’album Northern Folk (Beating Drum) nous avait ébloui.  Mais on la reverra un jour : c’est une comète à l’orbite longue…
Et en backing band, outre Faccini, des musiciens pointus et recherchés: Simone Prattico aux drums et Malik Ziad à la mandole et au guembri.

Ca se passera le 17 août dans les Cévennes dans un cadre bucolique et on peut réserver ici: grange@bouilloncube.fr
Bouillon Cubehttps://bouilloncube.fr/
Tarif vendredi 17/08 : 8 euros

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Un narcocorrido (prononcé en espagnol : [narkokoˈriðo], ballade de la drogue) est un sous-genre du norteñocorrido (ballade du nord), une musique folk traditionnelle du nord du Mexique, à partir duquel plusieurs sous-genre ont évolué. Ce type de musique se retrouve des deux côtés de la frontière entre les États-Unis et le Mexique. La base rythmique est une polka dansable à l’accordéon. Les premiers corridos, qui se concentraient sur les trafiquants de drogue – les « narcos », de « narcotique » – remonte à Juan Ramírez-Pimienta dans les années 1930. Les tout premiers corridos remontent à la révolution mexicaine de 1910, et racontaient des histoires sur les combattants révolutionnaires. Les critiques musicales ont aussi comparé les paroles du narcocorrido au gangsta rap et au mafioso rap1,2.

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