La plus belle des berceuses va captiver large…

On n’a vraiment pas honte, des fois, d’aller feuilleter les beaux albums pour enfants dans les librairies.  Même pas besoin d’être ‘piégeable’ dans la catégorie captive des parents,tatas,papys et autres gagas des marmots pour s’émerveiller devant les pépites artisanales qui poussent dans cette catégorie grâce à la créativité inépuisable des auteurs et des illustrateurs.  Et ils ont du mérite de ne pas se blaser, car les droits de ces auteurs qui façonnent un peu beaucoup l’imaginaire de nos gamins n’ont vraiment rien à voir avec ceux des romanciers à succès , ce n’est rien de le dire.

 

Berceuse_cover

De ces albums, on en trouve quelques uns augmentés d’un CD, mais ce qu’ils apportent à l’univers de l’histoire contée ne saute pas toujours … aux oreilles.  En voici un fameux, ravissant pour les yeux … et les oreilles, et pour le coup, porteur d’un univers qui va peut-être bien captiver large.

En effet, l’auteur n’est autre que Piers Faccini, le songwriter souvent chroniqué ici, et dont le label quasi-familial Beating Drum nous a habitué à des réalisations artisanales de qualité, qu’ils s’agisse des albums de Piers, des tirages collectors de dessins de l’auteur, ou encore de clips vidéo souvent réalisés ces derniers temps par l’animation de papiers découpés imaginés par Piers lui-même.  L’affaire – la belle affaire! – a été éditée par la prestigieuse maison Actes Sud junior.  Voyez plutôt.

berceuses

La Plus belle des Berceuse est une histoire qu’il a imaginée et illustrée pour les enfants de 4 à 9 ans, et dont il a également réalisé la partie musicale.  Le CD intégré à l’album propose le récit de l’histoire par Piers Faccini lui-même et six berceuses de toute beauté (et super efficaces!), chantées tantôt par Piers en anglais, en napolitain, en français, tantôt par des voix amies proprement envoûtantes : Florence Comment en hindhi, Djene Kouyaté en malinké de Guinée, Tom Stuart en anglais.

Mes enfants sont assez grands maintenant mais j’ai toujours adoré ce moment intime, entre parent et enfant, qui est l’histoire du soir. On a l’impression que l’histoire lue à voix haute fonctionne comme un accès en douceur au monde du sommeil et des rêves.

Quand Actes Sud m’a proposé un projet de livre pour enfants, je savais que je voulais faire quelque chose autour du sommeil et des berceuses. Lorsqu’ils étaient petits, je chantais souvent pour mes enfants et je suis ravi de pouvoir laisser, à travers ce récit et ces berceuses, une petite trace de ce rituel intime et privilégié que j’ai vécu avec ma famille.

Clairement, si l’histoire est pour les petits, les berceuses sont des clés atmosphériques à partager sans modération.

Écoutez plutôt cette merveille écrite en Napolitain par Claudio Domestico et Alessio Sollo.

berceuse

Vous pouvez acquérir l’album avec une dédicace sur la boutique sécurisée BandCamp de Piers Faccini et Beating Drum, à cette adresse (épuisé pour l’instant mais en réassort imminent)

L’album est disponible au rayon Jeunesse des bonnes librairies.
A Toulouse, allez voir chez Tire-Lire, rue de la Bourse

Les plateformes pour le téléchargement etc sont en lien ici

 

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La Guerra dei Cafoni : une fable tendre dans un pays attachant

Passé comme une comète au Festival du Film Italien de Toulouse (une première pour sa version sous-titrée en français), cette « guerre des boutons » intemporelle, ancrée dans l’Italie rurale du sud, est l’histoire de la lutte des classes traitée comme un mythe, truculent et féroce dans la tradition du grand cinéma italien –  comme on pouvait l’espérer.

Il y a parfois des films dont on sait qu’ils ne s’effaceront pas de notre bouquet de références conscientes pour reconnaître en soi des sentiments ou des émotions comme l’attachement, la tendresse, et quelques pulsions qui font grandir quand on les dépasse, comme oser, partir, ou être soi.  C’est bien le rôle des fables non?

Sur fond de conflit séculaire entre bouseux et riches propriétaires terriens, les réalisateurs Davide Barletti e Lorenzo Conte ont construit un récit dense de symboles et d’ouvertures à la réflexion tout en conservant une dynamique narrative digne des excellents westerns.  La dimension western est ici puissamment portée par la terre aride, brûlante et rocailleuse des Pouilles et plus particulièrement du Salento.

Combiné à la polyphonie des nombreux dialectes des Pouilles –  ceux des adolescents (non professionnels) qui portent le film, voilà qui fait l’attachement, la tendresse cités plus haut, et la musique inoubliable qui introduit les « Il était une fois … »

Encore une séance programmée au Cinema ABC pour le  Festival du Film Italien de Toulouse, ce mercredi 6 décembre (jour de la Saint Nicolas, protecteur des enfants!), voire une autre dimanche 10 décembre si le palmarès aura distingué ce très beau film (on croise les doigts).

La page Facebook du Festival

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C’était panache, couleurs, yeux qui brillent …

Catherine Ringer et le supplément d’âme des Rita Mitsouko au Bikini de Toulouse (28/11/2017)

Quel concert mémorable : show brillant, puissant, qui a vu affleurer ou se précipiter émotions, célébrations, et fête colorée.  Comme il en va du cours d’une onde au gré de tout ce qu’elle traverse.  Catherine Ringer, c’est encore l’élan des Rita Mitsouko bien sûr, mais pour arriver jusqu’ici – c’est-à-dire au chaud dans nos cœurs toujours gamins, le carbure c’est sa foi dans la vie, sa braise, et les étincelles qui en jaillissent.

Elle a été la voix incontournable de quelques générations qui ont appris à parler de l’intime au milieu de la fête. On l’a écoutée nous raconter des histoires avec Fred et elle nous a épuisés sur les dance-floors des nuits entières.

Les Rita Mitsouko ont marqué une époque française, et si depuis le temps a passé, même si Fred Chichin a tiré sa révérence, et même si Catherine sourit avec une mélancolie lumineuse à son âge certain, la revoici sur les planches, célébrant l’essence des Rita dans sa patine à elle.
Teinté de pop, de funk et d’électro, son show continue à nous raconter notre vie dans le siècle.

Elle est la grande dame sans chichis, élégante jusque dans son pastiche des tralalas des divas : elle, c’est une vraie frangine.  Elle partage un rock pêchu, des éclats de rire, une danse endiablée, des tendresses sur l’âge, le souvenir de Fred Chichin (dites-moi que c’est sa grande guitare folk qu’elle joue sur quelques titres au milieu du set ?!!) et, l’œil brillant, les bras grand ouverts, un irrésistible « C’est quand même bien, la vie !! »

Comment résister si elle nous prend par tous les bouts : arabesques de ses mains graciles, sourires, et déboîtés du cou qui agissent comme le teaser d’un Marcia Baïla de légende qui finira par arriver, électrisant un public à l’unisson déjà bien chauffé par le Don’t forget the night des premières heures et enchanté par les titres de son dernier album Chroniques et Fantaisies qui aligne, comme toujours, fantaisies – parfois déjantées et mélancolies douces.

photo © Nathalie Amen-Vals / Midi Libre

Soutenue par de riches nappes harmoniques avec Nicolas Lienard aux claviers et la rythmique solide de Franck Amand, sa voix est toujours cet orchestre généreux qui laisse fuser à l’envi les arias de ses hauts-couturiers : les riffs baroques du guitariste Paul Pavillon, et la grande classe de Noel Assolo avec ses basses tantôt girondes, tantôt funky en diable – et que dire de son break frontstage en mode slap (combien dans les vappes ? +1).

Le show était brillant, puissant, mais voici ce qui le résume le mieux à mes yeux.  Parce que tout ce qu’on voit dans ce live de 2004 était présent en substance ou dans l’air au concert du Bikini de Toulouse : le panache, les couleurs, et les yeux qui brillent.

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Suite Ravel, par Woeste et Keberle à Antony : Tissu de résonances, un siècle plus tard.

Ce samedi 25 novembre 2017 à Antony, le concert des jazzmen Frank WOESTE et Ryan KEBERLE  va être l’occasion inédite d’inscrire dans le même set leur nouvel album Reverso – Suite Ravel (chroniqué ici) et l’œuvre originale du maître: Le Tombeau de Couperin, qui les a inspiré.  Zéro pédagogie.  Simple juxtaposition de matières qui va lever de lui-même le voile sur le dialogue fécond entre Maurice Ravel, le dernier des musiciens classé classique, auteur du célébrissime Boléro, et ce que ses inventions ont semé dans la tête de jazzmen du 21e siècle.

photo © Pauline Penicaud

Le concert alternera les mouvements de l’œuvre originale, donnée au piano par Clément Lefebvre, avec pour chacun leur miroir inspiré pour le projet Reverso par le quartet Jazz (Frank Woeste – piano, Ryan Keberle – trombone, Vincent Courtois – violoncelle, Greg Hutchinson – batterie, percussions).  Une rare filiation esthétique, livrée dans sa continuité.

Frank Woeste, ce n’est pas la première fois qu’on le chronique ici en pianiste de jazz  aussi doué en sideman ou arrangeur pour les autres que pour lancer de somptueux projets.  Mais voilà, depuis notre dernière conversation, il a semé quelque chose qui trotte en tête, et qui vient toucher à l’idée qu’on peut se faire de la matière première de la création artistique, toutes disciplines confondues.  Un petit livre de David Sanson consacré à Ravel  (Actes Sud – Classica)  nous a même offert quelques citations de Ravel lui-même qui viennent étayer ce que les musiciens Frank Woeste et Ryan Keberle ont mis en œuvre à l’instinct.

La parlotte est détendue à Odyssud -Blagnac où Frank est venu en octobre dernier assurer les claviers pour la diva YOUN SUN NAH.  Il parle de la fascination visionnaire de Ravel pour le jazz , ses inventions rythmiques et harmoniques, son écriture libre et ouverte, et la part belle faite à l’improvisation.

L’improvisation existait déjà avant le jazz, rappelle Frank. JS Bach, qui fut organiste, l’inscrivait dans ses compositions pour la liturgie.  Il fallait bien meubler pour couvrir les aléas dans le déroulement de la messe!

Lui et Ryan se sentent-ils des pionniers absolus dans leurs compositions, sans héritages aucun?

Certainement pas!  Tout fonctionne toujours par fécondations, inspirations successives.  Ça a fonctionné pour Ravel, et ça le refait pour nous, qui avons construit nos mouvements dans cette Suite Baroque revisitée à partir de ferments de l’œuvre originale: une suite harmonique, un élément rythmique, une mélodie… que nous avons développés dans notre écriture propre.

Comment alors fonctionnent ces artistes?  Si on lit Ravel lui-même, il n’y a pas de comment, ni de pourquoi:

Musicien: pas un professionnel, diable! Créateur ou dilettante; être sensible au rythme, à la mélodie, à l’harmonie, et à l’atmosphère qui créent les sons.  Frissonner à l’enchaînement de deux accords, comme au rapport de deux couleurs.  La matière: cela importe d’abord, dans tous les arts.  Le reste en découle.
(« Impressions », sur Chopin – 1909)

Cette liberté de ressentir, de chercher à l’instinct, Frank Woeste non seulement la revendique pour son écriture mais la recommande comme attitude pour explorer la musique selon sa propre sensibilité:

Je suis issu de formation classique, rappelle Frank, ce qui ne m’empêchait pas d’écouter autre chose dans ma jeunesse.  C’est le jazz fusion qui m’a attiré en premier.  Puis ça m’a intéressé de découvrir ce que tel musicien qui me branchait avait fait avant, ce qu’il écoutait dans sa jeunesse à lui, de voir ses influences, son parcours, … Je suis remonté comme ça à Bill Evans, au Cool et à Miles, au be-Bop,…

La parole à David Sanson, pour conclure:

Les plus grands artistes et les plus grandes œuvres se reconnaissent notamment parce qu’ils savent secréter en chaque être un système d’échos, un tissu de résonance propres qui, à notre insu, agissent à la manière d’un miroir et, finalement, d’un révélateur.  Certaines œuvres, certaines musiques nous accompagnent qui semblent n’avoir d’autre effet que de nous permettre de mieux entendre le monde. (…)  La musique de Ravel fait partie de ce trésor, de ce patrimoine inestimable (…).  Pénétrante et sereine, la musique de Ravel, entre autres bienfaits, enseigne l’art du compagnonnage.  Qu’ils soient cinéastes ou écrivains, comédiens ou interprètes, compositeurs ou plasticiens, la plupart de ceux que nous avons pu interroger (…) ont eu des mots qui ne trompent pas pour évoquer l’entêtante et vertueuse alchimie à l’œuvre chez Ravel.  A leur manière, eux-même prolongent sa musique en la faisant vivre à travers eux, en faisant fructifier ce qu’elle a à nous apprendre.

Concert à Antony (région parisienne) le 25/11/2017, organisé dans le cadre du Festival Place au Jazz (cliquez sur la date et accédez à la billetterie en ligne) ou encore ici
ou réservez par tel à l’Espace Vasarely au 01 40 96 68 57

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WALTER SEXTANT LIVE (encore): au Taquin de Toulouse

Au club Le Taquin le 25 novembre dans le cadre du Festival Bar-bars

photo © Sebastien Pipo

C’est toujours émouvant, un jeune band de Jazz qui s’ébroue, déploie ses ailes.  On ne va pas chercher à placer Walter Sextant sur une échelle de maturité parce que ici, maintenant, c’est l’élan qui compte, l’énergie.  Pour autant, c’est de l’énergie propre: Rémi Savignat – leader et compositeur – a les idées claires et ses collègues y contribuent en bonne intelligence artistique, on sent clairement que ça circule.

Cet esprit de band qui fait si forte impression dans leurs prestations scéniques fertilise en amont les compositions de Rémi, qui sait pouvoir compter sur la créativité des musiciens auxquels il va confier ses histoires.  Car Rémi est ce genre de raconteur qui brûle de connaître la suite de ses propres histoires: aussi écrites et contextualisées qu’elles soient, ses compositions commencent à vivre avec les répétitions et c’est bien dans la part qui échappe qu’elles révèlent leur charge émotionnelle, leur caractère, la couleur qui les fera chacune unique.

Voilà ce qui motive Rémi Savignat et ses musiciens: la recherche de la cohérence bien plus que l’approfondissement du style, au bout d’une recherche à risques, comme le ferait un explorateur impressionniste en donnant des moyens à ses rêves.  C’est aussi l’histoire de Rémi, jeune rocker qui s’est arraché à l’usine pour étudier la musicologie, qui a dépassé ses a priori sur le jazz intello pour approfondir ses intuitions narratives dans cette langue immense.  Au final, une histoire est bonne quand on se la raconte.  Quand elle s’inscrit ou se transcrit au poil dans l’univers de chacun.

Pour en savoir un peu plus sur l’ADN de Walter Sextant, retrouvez notre billet pour le webzine Les Musicophages ici

Pour le concert au Taquin, Walter Sextant élargit la palette avec la clarinette basse de Florian Leger.  Nouveau challenge excitant.  Ça va donner…

Club Le Taquin: infos et réservations

waltersextant.com

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Idir (mé)tisse sa poésie au Phare de Tournefeuille

Ce jeudi 16 novembre au Phare de Tournefeuille, c’est une toute belle célébration de poésie musicale qui s’annonce avec le concert d’Idir. Ydir, légende en sa terre de  Kabylie, héraut d’un peuple dont la langue longtemps interdite a survécu par ses chantres et ses poètes, cultivée comme un art, ferment de résistance. Idir, poète subtil devenu pair des grands chansonniers français.  Cette belle histoire, cette boucle infinie entre deux cultures ne se réduit pas aux flux et reflux  d’une immigration qui a certes nourri la culture d’ici.

Ici et Ailleurs, son dernier album, assemble comme le ferait un collectionneur attendri quelques perles de la chanson française mises en résonance vibratoire avec la sensibilité kabyle.  Aznavour, Tryo, Cabrel, Lavilliers, Grand Corps Malade, Maxime Leforestier ou encore Gérard Lenorman exposent leur chanson à ces harmonies complexes, envoûtantes  et prêtent leur voix à l’accent d’une langue fleurie qu’ils appréhendent uniquement par les sens.  Bien loin des chansons à la manière de, dégagées des pesanteurs de la pédagogie transculturelle, ce sont de purs métissages qui s’offrent aux oreilles, racontent de nouvelles histoires.

La poésie, fût-elle musicale, se renouvelle tout les jours en inventant des formes inattendues.

Idir en écrira une nouvelle page jeudi au Phare de Tournefeuille, passant de l’album à la scène – où il va libérer, seul sur les concerts de sa tournée, tous les parfums subtils de ses duos fraternels.

Le site du Phare de Tournefeuille (et le lien pour acheter des places)

La page Facebook du Phare (page de l’événement)

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Folk en alcove : Zoe BOEKBINDER a la Cave Poesie de Toulouse

Excellente découverte en cette fin de semaine à Toulouse avec les petits concerts de Zoë Boekbinder, Canadienne arrivée enfant aux USA dans le camion de ses parents.  Migration, déracinement, ou longue vadrouille, un bonne partie de la musique US, du Blues au Folk, s’écrit dans ces entre-deux.
Elle ment rarement.

Guitare-voix, c’est l’exercice le plus exposé pour l’artiste et aussi le plus révélateur de la qualité des compositions.  Dans cette forme tellement répandue et sans céder au cliché de la-fille-avec-une-guitare, Zoë Boekbinder offre de bonnes chansons, musicalement raffinées et soutenues par un jeu de guitare d’une belle maturité (lisez : riches harmoniques et pas de chichis).  Ses ornementations vocales minimalistes, agencées quelquefois a cappella, sont d’une élégance rare.  Dans le registre de la fraîcheur, Zoë développe un timbre qui touche l’intime comme y parviennent aussi, à leur manière, d’autres belles voix qu’on aime : Joni Mitchell, Laura Marling, Josephine Foster, ou encore la trop peu connue Jenny Lysander.

Pour ne rien gâcher, Zoë raconte de belles histoires, captivantes tant par les univers poétiques installés que par le propos lui-même – et son expérience de concerts dans les prisons US en fait partie.

© photo Franck Alix

La Cave Poésie de Toulouse avait orienté le public vers l’alcôve et sa brique chaleureuse, disposition en écrin ouvert parfaite pour tisser la résonance entre l’artiste et son audience conquise.

L’événement était organisé par La Cave Poésie et What a Mess! Records.

Aussi légère qu’un passereau du folk song, la voilà déjà repartie au vent de sa tournée européenne, próxima estación: España. Dates disponibles sur son site, et aussi lien vers son fil d’actu Facebook etc…

zoeboekbinder.com

Le Facebook à jour

Photo de Zoë Boekbinder à La Cave Poésie par le photographe Franck Alix

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Que demande-t-on au poète? (comme si vous y etiez)

Voici le Désert est de ces recueils qui vivent leur vie de lichen, leur vie de semence.  Collés à l’énergie de leur hôte, comme lui ils transcendent parfois, se laissent enfouir souvent, rejaillissent sans faillir à l’heure bleue – quand elle sonne.

VIII

Dans cette rivière asséchée
sur son lit de pierre friable

où attendent les eaux absentes

il pleut si rarement

que les plantes ont évolué
pour semer pousser fleurir fertiliser
et se propager en trois jours

avant que le feu de la sécheresse extermine
tout sauf les semences robustes
qui peuvent rester tapies des années dans les absences

ainsi
ces chansons
avaient chanté avant

ce stylo avait plongé dans les pluies impossibles

On n’attend rien, on ne demande pas aux poèmes de Dom Gabrielli de porter notre désespoir, notre rage, ou nos pulsions corrompues.

Ses mots de l’intime – le sien ô combien! – les voici qui viennent à la rescousse, la mienne, lorsque j’ai à nommer ce qui va me libérer.  Il suffit donc de reconnaître le poème, et cet autre, qui déverrouille et met en paix.

XVIII

Par magie je te trouve
parfumée de menthe douce

je t’inhale
dans les lèvres pétries de mon ignorance

toute tradition est enfreinte
ta lumière
tes sucres inconnus
dans les rires décapités du temps

Franchir, c’est l’injonction qui nous bloque, autant que le mantra qui nous libère.  On parvient, des fois, à s’arracher à la glaise, à faire décoller l’avion.
Reprendre un  cap, retrouver une vision: ce job qui est à soi – rien qu’à soi – s’accomplit, s’adoucit avec l’accolade affectueuse des quelques vers du poète.

XXXVIII

(…) j’emporte assez de silence en me couchant
pour me mêler à toi
jusqu’à demain

Dom Gabrielli Poetry

Voici le Désert, recueil bilingue Anglais – Français,
traduit par l’auteur et Laetitia Lisa
publié par L’Aile éditions

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Genereux bouquet final pour Le Chant des Colibris à Toulouse

La tournée du Chant des Colibris s’est achevée hier samedi 10 juin à Toulouse dans une émotion prévisible, avec des artistes impliqués qui ont livré un show plein de panache et de générosité.  Ils ont été nombreux sur la tournée, mais ce soir les Colibris étaient, dans le désordre:  Alain Souchon, Albin de la Simone,  Bastien Lallemant, Fredrika Stahl, Gael Faure, IZIAJP NATAF,Ours, Pierre Souchon, Piers Faccini, Xavi Polycarpe, ZAZ.

Des énergies diverses ont traversé le show: fête, plaisir évident des artistes de jouer ensemble, et, pour certains, les pleins feux à brûler les planches car c’est leur manière d’être sincères (généreuses Zaz et Izia, baroque et adorable Izia!). Et puis il y a les contre-pieds plus recueillis: lectures par Cyril Dion d’extraits du livre ‘Demain’, prestations d’artistes posant leur chanson comme une respiration.  On pense à Fredrika Stahl – compositrice de la musique du film Demain, classieuse en même temps que chaleureuse.  Autre parenthèse, le petit set à mains nues de Piers Faccini, tout en finesses de voix, de tamburella, et de guitare, venu se ficher dans les souvenirs intimes de cette soirée.
Il en est une autre, mémorable et vibrante, cette reprise a cappella du mythique Helplessly Hoping de Crosby-Still-Nash par Xavi Polycarpe, Gael Faure, et un troisième vocaliste.  Chair de poule garantie.

Le bouquet final, le All Stars on stage, il est venu nous cueillir comme des gamins.  Imaginez-vous Foule sentimentale, menée par son auteur Alain Souchon, soutenu par un chorus d’artistes, et combien de générations dans la salle survoltée?

Le message essentiel: Chacun sa part, ses petites actions, vers un monde meilleur s’en trouve renforcé, propulsé tout en vibration dans le ‘quotidien-demain’ des présents et de tous ceux qui partagent cet engagement.


On peut s’informer et signer l’engagement sur le site du mouvement:
https://www.colibris-lemouvement.org/

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Rumpus: A Big-Bang Jazz-Band

Debut EP Somehow et concert le 6 avril au Rex de Toulouse

Voir le sérail Toulousain s’enrichir d’un nouveau projet jazz est un plaisir qui ne se boude pas.  Au-delà, à l’écoute des 6 pistes de leur premier ep, et après une petite parlotte avec Grégoire Oboldouieff (bassiste et un des compositeurs du band), je vous recommande sans hésiter le petit événement qui se profile.  Vivre ce live, ça va être quelque chose!

A band is born, sourire contagieux et doigts dans la prise

Rumpus est l’aboutissement du parcours entêté de jeunes musiciens assoiffés d’apprendre et d’expérimenter.  Leur rencontre a fonctionné comme un alignement d’étoiles, voire un big-bang créatif.  Avec Somehow, ils se sont dépêchés de coller leur ADN concentré sur une première galette qui sortira juste pour le concert du 6 avril.

En primeur, ils nous dévoilent ici l’artwork de leur pochette, oeuvre de l’artiste Belge Kevin Lerens.

artwork © Kevin Lerens

Ce front-cover raconte déjà une histoire, rien à voir avec une illustration esthétisante.  A l’oreille, le mot Rumpus évoque assez bien la rupture qui précède le renouveau, l’explosion d’énergie qui lance les comètes ou les pluies d’étoiles.  Un peu de wiki et on s’accorde sur la traduction en vacarme, boucan, ou encore brouhaha comme nous précise Grégoire.  On peut y entendre aussi les éclats de voix aux retrouvailles de bons amis, avant que se forme la conversation passionnée, le plan sur la comète nommée Rumpus.

Une genèse courte

Courant 2014, le saxophoniste Alexandre Galinié rassemble quelques amis musiciens dont il a l’intuition d’une affinité, comme on détecte l’eau qui court sous la roche.  Il n’y a pas de recette magique pour cet accord qui relève beaucoup de l’humain et de la passion inconditionnelle pour la musique. Le tout à la sauce des jeunes du 21 siècle: longues amitiés, rencontres dans les écoles de musique ou à la faveur des projets des uns et des autres, et une totale absence de complexe pour jouer tout ce qu’ils aiment.
Pour confirmer l’intuition, pas besoin de définir un concept de projet.  Le seul accord – qu’ils n’ont pas besoin de signer – c’est jouer ce qui leur ressemble.  Et de passer à l’acte.  Durant une petite année, le groupe se chauffe sur des reprises: hip-hop, soul et funk, … le socle se met en place.
En 2015, vient le temps des premières compos originales avec un line-up qui a fini par se caler. A coup de résidences de trois ou quatre jours, les compositions d’Alexandre Galinié, Grégoire Oboldouieff, Stacy Claire et Rémi Savignat alimentent un processus créatif collectif, ouvert, poussé aux limites de l’innovation.

photo © Yohann Duflot

Leur fil rouge, c’est le groove évidemment.  Le groove, le groove, et le rythme.  Connecté par les racines à la mère Soul et au père Funk, et interfacé par l’instinct aux audaces du hip-hop et du rap.  On peut faire ça?  Rumpus ne perd pas de temps à se justifier et se jette dans la mêlée. Advienne que pourra.

Le résultat est étonnant par sa modernité, émouvant par la posture naturelle d’un si jeune groupe qui a déjà compris que le jazz ne se définit qu’en le jouant.  Hors mode, hors concept, sans étiquettes.

A l’image de ce qui anime les membres du groupe, les titres de Somehow offrent à la fois danse éperdue et romance-cocoon.

La voix de Stacy Claire, totale découverte, porte en soi des polyphonies ravissantes que développe finement Clément Prioul aux claviers.  Dans les titres Gut ou  Melas, elle installe des atmosphères et des timbres qu’on a connus, excusez du peu, du côté de Dee Dee Bridgewater (période Afro-Blue), Julie Roberts avec Working Week, ou plus récemment Krystle Warren (quand Eric Legnini la fait chanter).

Le collectif reprend ses droits et la voix de Stacy enrichit la gamme des instruments embarqués dans les titres autrement sous tension que sont Blurred,  Self Made man, ou encore Dawn.  Les perspectives ouvertes par ces compositions sont excitantes en diable. Elles propulsent l’auditeur dans de nouvelles dimensions à coup de ruptures et de ré-amorçage du groove.  Ça peut venir de la section rythmique (dans Dawn ou So long) ou des cuivres qui partent d’une cadence et la montent en puissance sèche.

Rumpus tire là sur un nerf déjà titillé par ces fous de rythme que sont les immenses Donny McCaslin (« l’inséminateur » du dernier opus-révolution de Bowie: Black Star) et le génial pianiste Arménien Tigran Hamasyan.  Ce qui est à l’oeuvre, tant du côté des « pointures » que chez Rumpus-le-jeune, c’est à n’en pas douter un de ces sauts dans la modernité qu’a connus le jazz, avec le Be-Bop ou le Free-Jazz par exemple.  Ceci dit sans prétention d’étiquette (restons cohérent!), mais pour souligner l’intention, la dynamique lancée.

Rumpus est encore tout près de son big-bang.  S’il garde sa fraîcheur et ses capteurs ouverts sur la durée, alors l’EP Somehow sera plus qu’un acte de naissance: un manifeste. Et un objet collector!

Alexandre Galinié: sax
Clément Prioul : claviers, orgue
Cyril Latour : trompette
Grégoire Oboldouieff: basse
Pierre Costes : batterie
Rémi Savignat : guitare
Stacy Claire: chant

L’EP Somehow sera en vente au Rex le 6 avril et par la suite en contactant Rumpus : contact.rumpus@gmail.com

Le Facebook officiel ici

L’événement au Rex, sur Facebook

Acheter vos places sur la billetterie du Rex de Toulouse

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