Francois Delaroziere: le mouvement est l’ame des machines

Samedi 20 juin 2015, je me suis fait embarquer par quelqu’un qui ne vend pas du rêve.   Il le fabrique.

Les locaux de la DRAC accueillaient la conférence mensuelle de l’association Réveil Créatif, avec pour invité François Delarozière, Directeur artistique de la compagnie La Machine.

Long Ma Jing Sheng

Long Ma Jing Sheng

François Delarozière avoue n’avoir jamais été préoccupé par l’idée d’une carrière ou d’une stratégie professionnelle : « Toujours, ce sont les opportunités et les projets qui sont venus à moi ; j’ai choisi à l’instinct, avec l’enthousiasme que je détectais.  Et ça continue».

La compagnie réalise, si vous connaissez (sinon allez faire un tour et revenez pour la suite), des machines monumentales, articulées dans des scénographies extra-ordinaires élaborées avec les partenaires: tantôt déambulation, tantôt storytelling à l’échelle d’une année entière, mais toujours, absolument toujours dans le « théâtre » d’une ville et avec la priorité au mouvement.

Fidèle à son principe de proposer à l’invité une thématique décalée par rapport à son propos habituel (ici : ingénierie, hydraulique, sécurité, ..), Réveil Créatif a donc lancé François Delarozière sur le mouvement.  Le mouvement comme axe de réalisation de toutes les machines.  De la conception jusqu’au spectacle, en passant par la construction.  Et bien plus encore.

Alors tant qu’à faire, François Delarozière est parti de très loin : du mouvement qui est l’expression minimale de toute vie, de l’agitation de l’électron au battement qui anime le plus infime organisme vivant. Le mouvement vs la mort qui est l’absence totale de mouvement.  Observateur intime de la nature depuis l’enfance, c’est là que François Delarozière puise l’inspiration pour concevoir la future machine de l’intérieur, du point de vue de ce qui anime l’être qu’elle est censée représenter ou suggérer.  Car c’est bien de l’authenticité de cette animation – bien plus que de l’impossible perfection du mimétisme de l’enveloppe – que dépend la crédibilité de la proposition  et, mieux encore, l’adhésion de l’imaginaire des publics qui l’attendent.

« Construire un objet en mouvement, c’est créer une architecture vivante. Le mouvement est l’expression du vivant. »

Voilà pourquoi chaque employé de La Machine, tout ingénieur, expert en soudure, ou fin charpentier qu’il soit, est toujours également manipulateur d’une machine en spectacle.  Car ce que la machine attend de lui pour offrir un mouvement parfait ne dépend pas du levier qu’il va actionner mais bien de son niveau de conscience du geste qu’ils sont ensemble en train d’accomplir.

Jusque dans la formation des personnels en charge de faire vivre l’engin, une fois la compagnie repartie à ses ateliers, on cultive cette « anima », introuvable dans aucun cahier des charges d’un simple contrat de maintenance.

Voilà pourquoi François Delarozière appelle souvent des danseurs et des comédiens en appui du travail de mise en scène,  pour élever ces tonnes de métal, de bois, de caoutchouc et de cuir dans la grâce d’une danse habitée.

François Delarozière

François Delarozière

A l’image de ces machines monumentales dont la déambulation ne peut être que lente, la maturation des projets et la livraison des réalisations de la compagnie représentent un processus long, souvent de plusieurs années.  En cause, de manière un peu pragmatique, le montage financier et la préparation administrative, technique, de l’intégration du spectacle dans l’espace-temps d’une ville; ce n’est pas rien.  Ce temps long est heureusement mis à profit pour développer la conception de la machine et laisser naître l’histoire, la narration, l’inscription d’un scénario précis et dialogué avec l’imaginaire collectif de chaque ville-hôte.

Tout, à La Machine, est prototype : les techniques, les machines, les histoires, et les « théâtres » d’intervention.  Tout est unique et se perpétue par le mouvement.  C’est la vie.

François Delarozières (photo Réveil Créatif)

François Delarozières (photo Réveil Créatif)

La conférence de François Delarozière, captivante comme une aventure du Club des Cinq, a rapidement tourné à la causerie, tant les questions ont fusé de toutes parts.  Comme il fallait s’y attendre, on a fini dans le rêve et les mondes imaginaires, sans oublier de penser très fort à l’ouverture tant attendue de la Piste des Géants à Montaudran.

Puis (et même au tout début de l’histoire), au soleil dans la cour de ce bel hôtel particulier de la Dalbade, le sponsor Milan nous l’a jouée royalito avec petit-déjeuner, brunch, et bonbons pour les enfants.

* * * * * * * *

On trouve sur le site de La Machine quantité d’informations sur la genèse de la compagnie, le parcours de François Delarozière, des liens vers des présentations vidéos, ainsi qu’une boutique avec les références de carnets de croquis édités chez Actes Sud.

http://www.lamachine.fr/boutique/

La conférence sera prochainement disponible sur le youtube channel de Réveil Créatif.
Le Facebook de Réveil Créatif
 pour les dernières infos sur les activités.

http://www.milanpresse.com/

Publicités
Cet article, publié dans danse, live, spectacle de rue, uncategorized, vie culturelle, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s